top of page
La Beauté du geste.png

La Beauté du Geste

Sho Miyake

Japon, 2023, 1h39

Avec : Yukino Kishii, Tomokazu Miura, Masaki Miura

Keiko vit dans les faubourgs de Tokyo où elle s’entraîne avec acharnement à la boxe. Sourde, c’est avec son corps qu’elle s’exprime. Mais au moment où sa carrière prend son envol, elle décide de tout arrêter…

C’est l’histoire d’un rêve de toute une vie qui s’effondre. Sans faire de bruit. Keiko, jeune femme malentendante a réussi malgré son handicap à devenir boxeuse. Mais la réalité reprend ses droits, et il lui faut renoncer à cette carrière pour laquelle elle avait tout sacrifié. Un anti-Rocky Balboa qui ne nous fait pas le coup de la résilience et du dépassement de soi, mais nous raconte simplement comment une page se tourne. La caméra capte la résignation silencieuse et douloureuse de Keiko. Et c’est bouleversant.

Xavier Leherpeur

Par le toucher granuleux de sa photographie 16mm captant les pulsations d’un Tokyo mis à l’arrêt, La Beauté du geste renonce à une grande partie de ce qui est familier au genre pour se recentrer à la place sur une tendre étude de personnages dont la relation entre Keiko et son mentor forme le cœur battant du film. Deux personnages mis en marge d’une société indifférente – la première pour son handicap (dont la pandémie du covid aggrave violemment les outils de communication), le second pour son âge avancé – dont la solidarité face aux épreuves va au-delà des mots. Remarquable pour signifier en silence et avec tant de subtilité les émotions et le monologue interne de son personnage, l’actrice Yukino Kishii parvient, comme le suggère le titre original du film, à nous faire écouter par ses yeux.

Ludovic Béot

bottom of page