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Toute une nuit sans savoir

 

Payal Kapadia

Inde, 2022, 1h39

Avec : Bhumisuta Das

Festival de Cannes 2021 : Œil d’Or

Quelque part en Inde, une étudiante en cinéma écrit des lettres à l’amoureux dont elle a été séparée. A sa voix se mêlent des images, fragments récoltés au gré de moments de vie, de fêtes et de manifestations qui racontent un monde assombri par des changements radicaux…

Toute une nuit sans savoir de Payal Kapadia, jeune cinéaste indienne, crame la pellicule et brûle l’écran. Sa photogénie vibre de chagrin, avant de trembler de colère, un gouffre de joie au fond du cœur. Il faut tout mettre dans un film, réinventer les vieilles formes, retremper les images dans la vie, raconter l’époque qui nous blesse et les émotions qui nous tuent… D’abord, un film par correspondance, une histoire d’amour impossible qui dure bien après la rupture : retracée par les lettres de L., une étudiante en cinéma, à K., son amoureux qui l’abandonne sur demande de sa famille, parce qu’elle est d’une plus basse caste. Puis, le film de la grève, de la prise de parole et de la répression, qui se tresse au premier mouvement – mais tout finit par fusionner : peine de cœur et révolte grondent à l’unisson, tissant leur manifeste pour un cinéma libre, renvoyé à l’école de la vie.

Luc Chessel