
Promis le Ciel
Erige Sehiri
France, 2026, 1h32
Avec : Aïssa Maïga, Debora Lobe Naney, Laetitia Ky, Estelle Kenza Dogbo, Foued Zaazaa, Mohamed Grayaa, Touré Blamassi
​
Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d’un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d’un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant.
​
La réalisatrice Erige Sehiri, qui signe ici son deuxième long métrage de fiction après Sous les figues (2022), commence par insuffler une certaine légèreté pour présenter ses personnages, s’attachant à montrer un quotidien presque normal, à ne pas dramatiser outre-mesure les choses.
​
La couleur bleue qui domine la palette photographique évoque d’ailleurs moins le danger de la mer – la question de la traversée se pose pourtant constamment – qu’un horizon auquel il faut croire, comme le titre s’en fait le programme. Au sein de cette esthétique soignée, c’est une dimension documentaire qui prend le pas pour se placer au plus près du vécu : à la fois brosser des portraits et raconter une solidarité et une fracture du continent africain. Il est ainsi rappelé au cours d’un dialogue que subsiste une différence de vision entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Nord (« la Tunisie est aussi l’Afrique »), comme s’il s’agissait de terres étrangères l’une à l’autre, et l’on apprend par la même occasion, pour remettre les pendules à l’heure, que le nom du continent africain lui-même vient de la région dont fait historiquement partie la Tunisie, « Ifriqiya ».
Le Bleu du miroir
.jpeg)