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Notre salut
Emmanuel Marre
France, Belgique, 2026, 2h33
Avec : Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Jean-Baptiste Marre

CANNES 2026 l Prix du scénario - Prix des Cinémas Art et Essai 2026

Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…
Je crée un personnage qui garde le nom et le prénom de mon arrière-grand-père mais qui devient un homme de fiction. Il y a en France une mémoire fantôme de cette période sous cet angle, une mémoire qui est tue. Il est important de parler de la honte de ce qui s’est fait dans l’ordinaire, par des personnes du mauvais côté. Je voulais garder ce nom-là, celui de Marre, car le personnage est proche de la personne réelle. Je ne trahis pas sa conduite. Ce nom est prononcé dans le film par Swann Arlaud qui prend soin de l’épeler pour éviter toute confusion, le spectateur pouvant faire le lien avec le mien. Ensuite, il devient monsieur Henri, un personnage générique de cette période. Libre à chaque spectateur de se poser la question, « Et mes grands-parents, et mes arrière-grands-parents ?...  
A travers le personnage d’Henri Maux, je pouvais interroger ceux que l’on appelle les « vichyssois-résistants », mais sans les idéaliser non plus. Je tenais aussi à laisser la résistance dans le hors champ du film. À l’époque, on n’utilisait pas ce mot de « résistants ». Pour l’administration française, dans la propagande du régime, c’était des terroristes. Dans la scène de l’installation des lignes électriques, un travailleur dit que le chantier a eu du retard à cause d’un « sabotage terroriste ». Cette violence du pouvoir par le vocabulaire sur le corps des gens, elle, continue toujours.
Emmanuel Marre

 

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