
Adieu monde cruel
Félix de Givry
France, 2026, 1h33
Avec : Milo Machado-Graner, Jane Beever
CANNES 2026 SEMAINE DE LA CRITIQUE 2026 Film de clôture
Otto Vidal, 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d’adieu aux élèves de sa classe. Alors que tout le monde le croit mort, Léna, une fille de son lycée, le reconnaît une nuit en train d’errer dans les rues de la ville.
La première image, c’était une disparition volontaire, une mise en retrait du monde. Le harcèlement scolaire - que j’ai moi-même vécu à l’adolescence - est venu se greffer à l’histoire comme point de départ. L'idée de la tentative de suicide ratée permettait aussi d’explorer quelque chose du film de fantômes, et de partir d’un sentiment de colère et de frustration avant d’aller chercher un peu de douceur.
Ce n’est pas un film qui a été facile à faire, c’est un sujet chargé et les décideurs trouvaient le personnage un peu amoral, peu identifiable pour le spectateur... On a vraiment pris le temps au montage pour imprimer ce rythme et cette musicalité si particulière. Mon compositeur et ami Arnaud Toulon a écrit un thème musical, une mélodie qui revient régulièrement tout le long du récit, qui est un vrai moteur narratif et pas uniquement un passe-plat commode entre les différentes séquences. Dans le cinéma d’animation, on est encore habitués à ça, mais dans un cinéma de prise de vues réelles, les bandes son mélodiques ont quasiment disparu. Il y a un film de Bresson qui a été une grande référence pour l’équipe, sur le plan pictural notamment, c’est Quatre nuits d'un rêveur, inspiré des Nuits blanches de Dostoïevski. C’est un film génial sur la nuit justement, qu’on ne veut plus filmer plus comme ça aujourd'hui : on a tendance à vouloir tout montrer, ne plus rien cacher, la nuit est souvent comme sur-éclairée (en sortant des extraits d’Adieu monde cruel, je me rends compte qu’ils sont très sombres : le film est irregardable depuis un smartphone…). Il y avait la volonté que le film parte de la nuit noire et finisse dans la lumière crue de l'été.
© 2015Cinémartigues
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