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AVANT-PREMIERES

Six mois dans la maison rose et bleue                      

Bruno Santamaría Razo

Mexique, Brésil, Danemark, 2026, 1h44

Avec : Jade Reyes, Sofia Espinosa, Lázaro Gabino Rodríguez, Eduardo Gómez

CANNES 2026 Semaine de la Critique

 

Mexico, début des années 90. Bruno grandit dans une famille joyeuse et insouciante. Le jour de ses onze ans, il apprend que son père est malade, mais tout le monde continue à chanter et danser pour conjurer le sort, comme dans une chanson de salsa.

Trente ans plus tard, Bruno filme. Il cherche à se souvenir de ces six mois dans la maison rose et bleue de son enfance.

Incapable de remonter le temps, le réalisateur mexicain utilise alors le cinéma pour tenter de recoller les morceaux, d’étendre son regard d’enfant sur des événements ayant profondément marqué sa famille. Entre fiction personnelle et documentaire assumé, Six mois dans la maison rose et bleue devient une œuvre hybride dont la portée déborde largement le cadre de l’écran. Le réel réinventé se cache alors derrière le grain de la pellicule, évoquant immédiatement la texture fragile de la mémoire. La frontière entre imaginaire et certitudes s’effrite peu à peu à mesure que les passages fictionnels viennent raconter l’invérifiable. Même les clins d’œil les plus évidents prennent une dimension presque rêvée. La fascination de cet enfant pour les décors de Romeo + Juliet de Baz Luhrmann cristallise parfaitement ce rapport entre ce qui est réellement vécu et ce qui est reconstruit depuis le présent. Ces doubles évidents de Leonardo DiCaprio et Claire Danes disent alors beaucoup de cette mémoire recomposée. Il n’est jamais question de ressusciter exactement le passé, mais plutôt de lui donner la forme que le cinéaste choisit aujourd’hui de lui offrir.  Six mois dans la maison rose et bleue est autant un coming of age qu’un coming out, une lettre cinématographique que Bruno Santamaría Razo aurait pu garder strictement intime mais qu’il choisit au contraire d’offrir au regard des autres. La famille et le cinéma deviennent alors deux amours que l’on ne choisit jamais vraiment.

                                                                                                                                                                                                       Le Bleu du Miroir

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